La CIA finance la construction européenne
08/08/2010 09:37 par dlr14ème_62
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La CIA finance la construction européenne
08/08/2010 09:37 par dlr14ème_62

De 1949 à 1959, en pleine guerre froide, les Américains, par l’intermédiaire de leurs services secrets et du Comité pour l’Europe unie, versent l’équivalent de 50 millions de dollars actuels à tous les mouvements pro-européens, parmi lesquels ceux du Britannique Winston Churchill ou du Français Henri Frenay. Leur but, contenir la poussée soviétique…
A 82 ans, Henri Frenay, le pionnier de la Résistance intérieure, fondateur du mouvement Combat, arbore une forme intellectuelle éblouissante malgré sa surdité de l’oreille droite et sa récente opération de l’estomac. Pourtant, il n’a plus que trois mois à vivre. En ces jours de mai 1988, il me parle de l’Europe dans son appartement de Boulogne-sur-Seine. De cette Europe fédérale dont il a rêvé en vain entre 1948-1954. De la dette aussi que, en cas de succès, le Vieux Continent aurait contracté envers les Américains, ceux notamment du » Comité « . Et d’insister une fois, deux fois, dix fois, tandis que moi, je m’interroge : pourquoi diable ce mystérieux » Comité » revient-il à une telle fréquence dans nos conversations ? Pourquoi ? Mais parce que Frenay me confie, avec il est vrai d’infinies précautions de langage, son ultime secret : l’aide financière occulte de la CIA via l’American Committee for United Europe – le Comité – à l’Union européenne des fédéralistes dont il a été le président. Pour reconstituer cette filière inédite, il me faudra une quinzaine d’années. Un jeu qui en valait la chandelle puisqu’il me permet d’ouvrir, pour les lecteurs d’Historia, la porte d’un des compartiments les plus secrets de la guerre froide…
Tout commence à l’automne 1948. Déjà coupée en deux, l’Europe vit sous la menace d’une invasion totale par l’armée rouge. Au » coup de Prague » en février, vient de succéder en juin le blocus de Berlin. Un petit cénacle de personnalités de l’ombre jette alors les bases de l’American Committee for United Europe, l’ACUE – son existence sera officialisée le 5 janvier 1949 à la maison de la Fondation Woodrow-Wilson de New York. Politiques, juristes, banquiers, syndicalistes vont se mêler au sein de son conseil de direction. De hautes figures gouvernementales aussi comme Robert Paterson, le secrétaire à la Guerre ; James Webb, le directeur du budget ; Paul Hoffman, le chef de l’administration du plan Marshall ; ou Lucius Clay, le » proconsul » de la zone d’occupation américaine en Allemagne.
Bien tranquilles, ces Américains-là ? Non, car la véritable ossature de l’ACUE est constituée d’hommes des services secrets. Prenez son président, William Donovan. Né en 1883 à Buffalo, cet avocat irlando-américain au physique de bouledogue, surnommé » Wild Bill » par ses amis, connaît bien l’Europe. En 1915, il y remplissait déjà une mission humanitaire pour le compte de la Fondation Rockefeller. Deux ans plus tard, Donovan retrouvait le Vieux Continent pour y faire, cette fois, une Grande Guerre magnifique. Redevenu civil, » Wild Bill » va se muer en missus dominicus du gouvernement américain. Ses pas d’émissaire officieux le portent vers l’Europe pour des rencontres parfois imprévues. En janvier 1923, alors qu’ils guettent un repos bien mérité, sa femme Ruth et lui devront ainsi subir une soirée entière les vociférations d’un autre habitué de la pension Moritz de Berchtesgaden. Dix-sept ans plus tard, l’agité, un certain Adolf Hitler, s’est rendu maître de la partie continentale de l’Europe, et c’est » Wild Bill » que Franklin Roosevelt, inquiet, dépêche à Londres s’enquérir auprès de Winston Churchill du potentiel britannique face à l’avancée nazie.
En juin 1942, Donovan, homme de confiance du président démocrate pour les affaires spéciales, crée l’Office of Strategic Services (OSS), le service secret américain du temps de la Seconde Guerre mondiale dont il devient le chef et qu’il quittera à sa dissolution, en septembre 1945, sans perdre le contact avec l’univers du renseignement : » Wild Bill » tisse des liens privilégiés avec la Central Intelligence Agency, la CIA, créée officiellement le 15 septembre 1947 par une loi sur la sécurité nationale signée par le successeur de Roosevelt, Harry Truman.
Prenez le vice-président de l’ACUE Walter Bedell Smith, ancien chef d’état-major d’Eisenhower pendant la Seconde Guerre mondiale puis ambassadeur des Etats-Unis à Moscou. A partir d’octobre 1950, celui que ses amis surnomment le » Scarabée » (beetle en anglais) va prendre les commandes de la CIA. 1950, c’est justement l’année où des universitaires comme Frederick Burkhardt et surtout William Langer, historien à Harvard, lancent la section culturelle de l’ACUE. Ces deux proches de Donovan ont servi autrefois dans les rangs de l’OSS. Langer en a dirigé le service Recherche et Analyse et, excellent connaisseur de la politique française, a méme commis après-guerre un ouvrage savant qui s’efforçait de dédouaner Le Jeu américain à Vichy (Plon, 1948).
Prenez surtout Allen Dulles. A l’été 1948, c’est lui qui a » inventé » le Comité avec Duncan Sandys, le gendre de Churchill, et George Franklin, un diplomate américain. Principal associé du cabinet de juristes Sullivan & Cromwell, Dulles n’impressionne guère de prime abord avec ses fines lunettes, ses éternelles pipes de bruyère et ses vestes en tweed. Sauf qu’avec ce quinquagénaire, un maître espion entre dans la danse.
Retour à la case Seconde Guerre mondiale. Chef de l’OSS à Berne, Dulles noue en février 1943 des contacts avec la délégation de Combat en Suisse. Un temps, il assurera même le financement du mouvement clandestin. « Coup de poignard dans le dos du général de Gaulle », s’insurge Jean Moulin au nom de la France libre. » Survie de la Résistance intérieure menacée d’étranglement financier « , rétorque Frenay. Pensant d’abord à ses camarades dénués de moyens, aux maquisards en danger, il ne voit pas pourquoi Combat devrait se priver d’un argent allié versé, c’est convenu, sans contrepartie politique. Cette » affaire suisse » va empoisonner un peu plus encore ses rapports avec Moulin.
En 1946, Dulles démissionne des services secrets… pour en devenir aussitôt l’éminence grise, prenant une part prépondérante à la rédaction du texte de loi présidentiel sur la sécurité nationale. Cofondateur à ce titre de la CIA (pour les initiés : l’Agence ou mieux, la Compagnie), Dulles pense qu’en matière d’action clandestine, privé et public doivent conjuguer leurs forces. C’est lui qui a déjà inspiré, par l’intermédiaire de ses amis du Brook Club de New York, le versement des subsides de grosses sociétés américaines à la démocratie chrétienne italienne menacée par un parti communiste surpuissant. En 1950, il va reprendre officiellement du service comme bras droit du Scarabée d’abord, comme son successeur à la tète de la CIA ensuite – de février 1953 à septembre 1961. Record de longévité d’autant plus impressionnant que son frère aîné John Forster Dulles, restera, lui, ministre des Affaires étrangères de 1953 à sa mort de maladie en mai 1959.
Etonnant creuset que l’ACUE, où des personnalités de la haute société et/ou de la CIA côtoient les dirigeants de la puissante centrale syndicale American Federation of Labor, l’AFL, dont ils partagent l’aversion du communisme. Exemples : David Dubinsky, né en 1892 à Brest-Litovsk, en Russie, dirige le Syndicat international de la confection pour dames (ILGWU) : 45 000 adhérents à son arrivée en 1932, 200 000 à la fin des années 1940 ! Ennemi acharné des nazis hier (les syndicalistes proches de l’ACUE sont presque tous juifs), c’est aux commies , les » cocos « , qu’il en veut dorénavant. Jay Lovestone aussi. Conseiller politique de l’AFL, ce Lituanien d’origine sait de quoi il parle : avant sa brutale exclusion puis sa lente rupture avec le marxisme, il fut, entre 1925 et 1929, le secrétaire général du PC américain ! Autre recrue de choix du Comité, Arthur Goldberg, le meilleur juriste de l’AFL. Futur secrétaire au Travail du président Kennedy puis juge à la Cour suprême, Goldberg, né en 1908, a dirigé l’aile syndicale de l’OSS. A ce titre, il fut en son temps le supérieur hiérarchique d’Irving Brown, son cadet de deux ans. Brown, représentant de l’AFL pour l’Europe et grand dispensateur de dollars aux syndicalistes modérés du Vieux Continent. Puisant dans les fonds secrets de la toute jeune CIA, laquelle finance depuis 1946 toutes les opérations anticommunistes de l’AFL, ce dur à cuire ne ménage pas, par exemple, son soutien à Force ouvrière, la centrale syndicale née fin 1947 de la scission de la CGT (lire » Derrière Force ouvrière, Brown, l’ami américain » dans Historia n° 621 de décembre 1997). Pure et dure, la ligne Brown contraste d’ailleurs avec celle, plus nuancée, de la CIA. A la Compagnie, on aurait préféré que les non-communistes restent dans le giron de la CGT, même contrôlée par le PCF…
C’est qu’au-delà des hommes, il y a la stratégie d’ensemble. Face à l’Union soviétique, Washington développe deux concepts clés : le containment (l’endiguement) et plan Marshall. L’idée du containment , revient à un diplomate russophone, George Kennan, qui la développe dès juillet 1947 dans un article de la revue Foreign Affairs : » L’élément majeur de la politique des Etats-Unis en direction de l’Union soviétique doit être celui d’un endiguement à long terme, patient mais ferme, des tendances expansionnistes russes. »
Le plan Marshall, lui, porte la marque de son inventeur le général George Marshall, chef d’état-major de l’US Army pendant la guerre, et désormais ministre des Affaires étrangères du président Truman. En apportant une aide massive aux pays d’Europe ruinés, les Etats-Unis doivent, selon lui, faire coup double : un, couper l’herbe sous le pied des partis communistes par une hausse rapide du niveau de vie dans les pays concernés ; deux, empêcher leur propre industrie de sombrer dans la dépression en lui ouvrant de nouveaux marchés.
Pour le tandem Marshall-Kennan, pas de meilleur outil que la CIA. Et c’est naturellement un autre ancien de l’OSS, Franck Wisner Jr, qu’on charge de mettre sur pied un département autonome spécialisé dans la guerre psychologique, intellectuelle et idéologique, l’Office of Policy Coordination ! Si ce bon vieux » Wiz » ne fait pas partie du Comité, ses hommes vont lui fournir toute la logistique nécessaire. Mais chut ! C’est top secret…
L’ACUE allie sans complexe une certaine forme de messianisme américain avec le souci de la défense bien comprise des intérêts des Etats-Unis. Messianique, cette volonté bien ancrée de mettre le Vieux Continent à l’école du Nouveau Monde. Phare de la liberté menacée, l’Amérique a trouvé, la première, la voie d’une fédération d’Etats, succès si resplendissant que l’Europe n’a plus qu’à l’imiter… Cet européanisme made in Washington comporte sa part de sincérité : » Ils m’appellent le père du renseignement centralisé, mais je préférerais qu’on se souvienne de moi à cause de ma contribution à l’unification de l’Europe « , soupire ainsi Donovan en octobre 1952.
De sa part de calcul aussi. Car en décembre 1956, trois mois avant sa mort, le même Donovan présentera l’Europe unie comme » un rempart contre les menées agressives du monde communiste « . En d’autres termes, un atout supplémentaire de la stratégie américaine conçue par Marshall, Kennan et leurs successeurs : construire l’Europe, c’est remplir un vide continental qui ne profite qu’à Staline, donc, en dernier ressort, protéger les Etats-Unis.
Ajoutons une troisième dimension. Dans l’esprit des hommes de la Compagnie, rien de plus noble qu’une action clandestine au service de la liberté. Tout officier de la CIA le sait : les Etats-Unis sont nés pour une bonne part du soutien des agents de Louis XVI, Beaumarchais en tête, aux insurgés nord-américains. Ainsi l’opération American Committee, la plus importante, et de loin menée, par l’Agence en Europe pendant la guerre froide, se trouve-t-elle justifiée par l’Histoire.
Pour chaleureuse qu’elle soit, l’amitié franco-américaine ne saurait toutefois distendre le » lien spécial » entre Grande-Bretagne et Etats-Unis. En foi de quoi, Comité et Compagnie tournent d’abord leur regard vers Londres. Hélas ! Churchill, battu aux législatives de 1945, ronge ses griffes dans l’opposition. Le nouveau secrétaire d’Etat britannique aux Affaires étrangères, Ernest Bevin, a bien proclamé le 2 janvier 1948 aux Communes : » Les nations libres d’Europe doivent maintenant se réunir. » N’empêche que ses collègues du cabinet travailliste et lui repoussent avec horreur la perspective d’une véritable intégration continentale. Non pas que Bevin craigne de s’affronter aux communistes : deux jours après son discours de janvier, il créait un organisme clandestin de guerre idéologique, l’Information Research Department. Ce même IRD qui, jugeant La Ferme des animaux et 1984 plus efficaces que mille brochures de propagande, va contribuer à diffuser partout dans le monde les œuvres de George Orwell. Mais la carte Europe unie, alors là, non !
Cette carte, Churchill la joue-t-il de son côté par conviction profonde ou par aversion pour ses rivaux politiques de gauche ? Le fait est que le 19 septembre 1946 à Zurich, le Vieux Lion appelle à un axe anglo-franco-allemand, élément majeur selon lui d’une » espèce d’Etats unis d’Europe « . Qu’en mai 1948, Duncan Sandys, taille aux mesures de son homme d’Etat de beau-père le Congrès européaniste de La Haye. Qu’en octobre 1948, Churchill crée l’United European Movement – le Mouvement européen. Qu’il en devient président d’honneur aux côtés de deux démocrates-chrétiens, l’Italien Alcide De Gasperi et l’Allemand Konrad Adenauer, et de deux socialistes, le Français Léon Blum et le Belge Paul-Henri Spaak. Malheureusement pour les » amis américains « , cette tendance » unioniste » ne propose, à l’exception notable de Spaak, que des objectifs européens limités. Reconstruction économique et politique sur une base démocratique, d’accord, mais sans transfert, même partiel, de souveraineté.
Le Comité et la tendance » fédéraliste « , dont Henri Frenay émerge comme la figure emblématique, veulent, eux, aller beaucoup plus loin. Aux heures les plus noires de la Seconde Guerre mondiale, Frenay, patriote mondialiste, a conçu l’idée d’un Vieux Continent unifié sur une base supranationale. En novembre 1942, révélera quarante ans plus tard Robert Belot dans le remarquable travail sur Frenay qui vient de lui valoir l’habilitation à diriger des recherches à l’Université, le chef de Combat écrivait au général de Gaulle qu’il faudrait dépasser l’idée d’Etat-Nation, se réconcilier avec l’Allemagne après-guerre et construire une Europe fédérale. Logique avec lui-même, Frenay se jette dès 1946 dans cette croisade européaniste aux côtés d’Alexandre Marc. Né Lipiansky à Odessa en 1904, ce théoricien du fédéralisme a croisé la trajectoire de Frenay à Lyon en 1941, puis après-guerre. A rebours de l’européanisme de droite inspiré des thèses monarchistes maurrassiennes ou du catholicisme social, les deux amis s’efforcent de gauchir le fédéralisme français alors fort de » plusieurs dizaines de milliers d’adhérents « , ainsi que me l’assurera l’ancien chef de Combat en 1988.
Orientée à gauche, l’Union européenne des fédéralistes, l’UEF, est créée fin 1946. Elle va tenir son propre congrès à Rome en septembre 1948. Frenay en devient le président du bureau exécutif, flanqué de l’ex-communiste italien Altiero Spinelli, prisonnier de Mussolini entre 1927 et 1937 puis assigné à résidence, et de l’Autrichien Eugen Kogon, victime, lui, du système concentrationnaire nazi qu’il décortiquera dans L’Etat SS (Le Seuil, rééd. 1993). A ces trois dirigeants d’atténuer le profond malaise né de la participation de nombreux membres de l’UEF au congrès de La Haye, où Churchill et son gendre Sandys les ont littéralement roulés dans leur farine » unioniste « .
Faut-il choisir entre le Vieux Lion et le pionnier de la Résistance intérieure française à l’internationalisme si radical ? Perplexité au Comité, donc à la CIA. Pour Churchill, sa stature d’homme d’Etat, d’allié de la guerre, sa préférence affichée pour le » grand large « , les Etats-Unis ; contre, son refus acharné du modèle fédéraliste si cher aux européanistes américains et bientôt, ses violentes querelles avec le très atlantiste Spaak. En mars 1949, Churchill rencontre Donovan à Washington. En juin, il lui écrit pour solliciter le versement de fonds d’urgence (très riche à titre personnel, l’ancien Premier ministre britannique n’entend pas puiser dans sa propre bourse). Quelques jours plus tard, Sandys appuie par courrier la demande de son beau-père : de l’argent, vite, sinon le Mouvement européen de Churchill s’effondre. Comité et CIA, la principale bailleuse de fonds, débloquent alors une première tranche équivalant à un peu moins de 2 millions de nos euros. Elle permettra de » préparer » les premières réunions du Conseil de l’Europe de Strasbourg, qui associe une assemblée consultative sans pouvoir réel à un comité des ministres statuant, lui, à l’unanimité.
Pour soutenir leurs partenaires du Vieux Continent, ACUE et CIA montent dès lors des circuits financiers complexes. Les dollars de l’oncle Sam – l’équivalent de 5 millions d’euros entre 1949 et 1951, le même montant annuel par la suite – proviennent pour l’essentiel de fonds alloués spécialement à la CIA par le Département d’Etat. Ils seront d’abord répartis sous le manteau par les chefs du Mouvement européen : Churchill, son gendre, le secrétaire général Joseph Retinger, et le trésorier Edward Beddington-Behrens. En octobre 1951, le retour de Churchill à Downing Street, résidence des premiers ministres anglais, ne tarira pas ce flot : entre 1949 et 1953, la CIA va en effet verser aux unionistes l’équivalent de plus de 15 millions d’euros, à charge pour eux d’en redistribuer une partie à leurs rivaux de la Fédération, la tendance de droite du fédéralisme français, laquelle reverse ensuite sa quote-part à l’UEF. Sommes substantielles mais sans commune mesure avec la manne que l’appareil stalinien international, le Kominform, investit au même moment dans le financement souterrain des PC nationaux et des innombrables » fronts de masse » : Fédération syndicale mondiale de Prague, Mouvement de la paix, mouvements de jeunes, d’étudiants, de femmes…
Pour Frenay, c’est clair : l’Europe fédérale constitue désormais le seul bouclier efficace contre l’expansionnisme communiste. Mais comment aller de l’avant quand le nerf de la guerre manque si cruellement ? L’UEF n’est pas riche. Son président encore moins, dont la probité est reconnue de tous – après son passage au ministère des Prisonniers, Déportés et Réfugiés, Frenay, ancien officier de carrière sans fortune personnelle, a quitté l’armée au titre de la loi Diethelm de dégagement des cadres. Comme au temps de » l’affaire suisse « , le salut financier viendra-t-il de l’allié américain ? Oui, assurent dès l’été 1950 les hommes de l’ACUE à un représentant français de l’UEF en visite à New York. Conforme à la position officielle du gouvernement américain en faveur de l’intégration européenne, leur aide ne sera soumise à aucune contrepartie politique ou autre, condition sine qua non aux yeux d’Henri Frenay. Et de fait, à partir de novembre 1950, l’ACUE va financer secrètement à hauteur de 600 000 euros l’une des initiatives majeures de Frenay et des fédéralistes de gauche : la création à Strasbourg, en parallèle du très officiel Conseil de l’Europe, d’un Congrès des peuples européens, aussi appelé Comité européen de vigilance.
S’associeront à ce projet des socialistes (Edouard Depreux), des religieux (le père Chaillet, fondateur de Témoignage chrétien), des syndicalistes, des militants du secteur coopératif, des représentants du patronat et même… des gaullistes tels Michel Debré ou Jacques Chaban-Delmas. Mal conçue médiatiquement, l’affaire échoue de peu. Raison de plus pour accentuer le soutien financier, œuvre du secrétaire général de l’ACUE, Thomas Braden. Connu pour ses opinions libérales, cet ami du peintre Jackson Pollock, n’a pas hésité quand Donovan, son ancien patron à l’OSS, lui a demandé de quitter la direction du musée d’Art moderne de New York.
En juillet 1951, Frenay effectue à son tour le voyage des Etats-Unis sous les auspices du Congrès pour la liberté de la culture – une organisation que nous retrouverons bientôt. L’occasion de rencontrer les dirigeants du Comité et ceux de la Fondation Ford (mais pas ceux de la CIA avec lesquels il n’entretiendra jamais de rapports directs) pour leur faire part des besoins matériels des fédéralistes. Message reçu » 5 sur 5 » par les Américains…
A cette date, Braden ne figure plus parmi les dirigeants officiels de l’ACUE. En vertu du principe des vases communicants, l’agent secret esthète vient en effet de rejoindre Dulles à la CIA. Les deux hommes partagent cette idée de bon sens : face aux communistes, ce ne sont pas les milieux conservateurs qu’il faut convaincre, mais la gauche antistalinienne européenne, dont Frenay constitue un des meilleurs représentants. Braden va plus loin : » Comme l’adversaire rassemblé au sein du Kominform, structurons-nous au plan mondial par grands secteurs d’activité : intellectuels, jeunes, syndicalistes réformistes, gauche modérée… « , plaide-t-il. D’accord, répond Dulles. Naît ainsi la Division des organisations internationales de la CIA. Dirigée par Braden, cette direction centralise, entre autres, l’aide de la Compagnie via l’ACUE aux fédéralistes européens. En 1952, l’American Committee for United Europe finance ainsi l’éphémère Comité d’initiative pour l’assemblée constituante européenne, dont Spaak sera président et Frenay, le secrétaire général.
Brouillés avec la » Fédération « , leur rivale de droite qui servait jusque-là d’intermédiaire pour le versement des fonds CIA-ACUE par le truchement du mouvement churchillien, les amis de Frenay sont très vite au bord de l’asphyxie. Pour parer à l’urgence, Braden, virtuose du financement souterrain au travers de fondations privées plus ou moins bidon, va, cette fois, mettre en place une procédure de versements directs aux fédéralistes de gauche par des antennes paragouvernementales américaines. A Paris, plaque tournante des opérations de la CIA en Europe avec Francfort, on opérera par le biais de l’Office of Special Representative, conçu à l’origine pour servir d’interface avec la toute jeune Communauté européenne du charbon et de l’acier (Ceca), ou de l’US Information Service (USIS). Par la suite, un bureau ACUE proprement dit sera ouvert.
Comme Jean Monnet, président de la Ceca, Frenay caresse, en cette année 1952, l’idée d’une armée européenne, pas décisif vers l’Europe politique selon lui. L’ACUE approuve chaudement. Prévue par le traité de Londres de mars 1952, cette Communauté européenne de défense comprendrait – c’est le point le plus épineux -, des contingents allemands. Reste à faire ratifier le traité par les parlements nationaux. Frenay s’engage avec enthousiasme dans ce nouveau combat. Pour se heurter, une fois encore, à de Gaulle, qui refuse la CED au nom de la souveraineté nationale et, déjà, du projet ultrasecret de force atomique française, ainsi qu’aux communistes, hostiles par principe à tout ce qui contrarie Moscou. D’après les éléments recueillis par Robert Belot, Frenay demandera méme à l’ACUE de financer l’édition d’une brochure réfutant… les thèses gaullistes sur la CED.
Staline meurt en mars 1953. L’année suivante, Cord Meyer Jr, un proche de la famille Kennedy, remplace Braden à la tête de la Division des organisations internationales de la CIA. Mais 1954 verra surtout cet échec cuisant des européanistes : l’enterrement définitif de la CED. Découragé, Frenay abandonne alors la présidence de l’Union européenne des fédéralistes. A partir d’octobre 1955, les » amis américains » reportent donc leurs espoirs sur un nouveau venu, le Comité d’action pour les Etats-Unis d’Europe de Jean Monnet. Lié à Donovan et surtout à l’ambassadeur américain à Paris, David Bruce, un proche de Franck Wisner, Monnet est trop fin connaisseur du monde anglo-saxon pour accepter directement les dollars de la CIA. Compte tenu de sa prudence de Sioux, l’aide américaine à son courant européaniste devra emprunter d’autres voies. En 1956, Monnet se voit ainsi proposer l’équivalent de 150 000 euros par la Fondation Ford. Une offre qu’il décline, préférant que cet argent soit versé au professeur Henri Rieben, un économiste et universitaire suisse pro-européen qui vient d’être nommé chargé de mission aux Hautes Etudes commerciales de Lausanne. Rieben utilisera ces fonds en toute transparence financière pour créer un Centre de recherches européen.
En 1958, le retour du général de Gaulle, radicalement hostile aux thèses fédéralistes, annihile les derniers espoirs de l’UEF et de ses amis américains. Dissolution de l’ACUE dès mai 1960 puis cessation des financements occultes par la CIA s’ensuivent. En douze ans, la Compagnie aura quand méme versé aux européanistes de toutes tendances l’équivalent de 50 millions d’euros sans être jamais prise la main dans le sac ! Mais pourra-t-on préserver longtemps le grand secret ?
La première alerte éclate dès 1962. Trop précise sur les financements américains, une thèse universitaire sur les mouvements européanistes doit être » enterrée » d’urgence en Angleterre. Ce remarquable travail est l’œuvre du fils d’un camarade de résistance de Frenay, Georges Rebattet, créateur en avril 1943 du Service national maquis. Georges Rebattet, le successeur en 1952 de Joseph Retinger comme secrétaire général d’un Mouvement européen dont il a d’ailleurs assaini pour une bonne part le financement.
Deuxième secousse au milieu des années 1960. L’étau de la presse américaine (le New York Times et la revue gauchiste Ramparts ) se resserre sur une des filiales du » trust » Braden-Meyer, le Congrès pour la liberté de la culture où se côtoyaient des intellectuels antitotalitaires européens de haute volée – Denis de Rougemont, Manhès Sperber, Franz Borkenau, Ignazio Silone, Arthur Koestler ou, par éclipses, Malraux et Raymond Aron. Financé par la CIA au travers de la Fondation Fairfield, le Congrès édite en français l’une de ses revues les plus prestigieuses, Preuves . Jouant la transparence, Braden jette alors son pavé dans la mare. » Je suis fier que la CIA soit immorale « , déclare-t-il en 1967 au journal britannique Saturday Evening Post, auquel il confie des révélations sensationnelles sur le financement occulte par la CIA du Congrès pour la liberté et sur le rôle d’Irving Brown dans les milieux syndicaux. Silence radio, en revanche, sur le soutien aux mouvements européanistes, le secret des secrets…
Ultime rebondissement à partir de juin 1970, quand le conservateur anglais pro-européen Edward Heath arrive à Downing Street. A sa demande, l’Information Research Department lance une vaste campagne pour populariser sous le manteau l’européanisme dans les médias et les milieux politiques britanniques. En 1973, l’Angleterre fait son entrée dans le Marché commun ; le 5 juin 1975, 67,2 % des électeurs britanniques ratifient la décision par référendum. Dans ce renversement de tendance en faveur de l’Europe, un homme s’est jeté à corps perdu : nul autre que le chef de la station de la CIA de Londres, Cord Meyer Jr. Ce bon vieux Cord qui remplaçait vingt ans plus tôt son copain Braden à la tète de la Division des organisations internationales de la Compagnie.
Par Rémi Kauffer *
* écrivain et un historien français, spécialiste de l’histoire contemporaine et a écrit avec Roger Faligot de nombreux ouvrages sur les services secrets et les renseignements. Il est également journaliste (Figaro Magazine, Historia) et professeur à l’Institut d’études politiques de Paris et à l’École de guerre économique
Communiqué de presse de Nicolas Dupont-Aignan
08/08/2010 09:26 par dlr14ème_62
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Communiqué de presse de Nicolas Dupont-Aignan
08/08/2010 09:26 par dlr14ème_62
Nicolas Sarkozy abîme la fonction présidentielle
En annonçant vouloir déchoir certains criminels de la nationalité française, Nicolas Sarkozy ne fait pas seulement une entorse au principe d’égalité (car qui peut imaginer une seconde que l’on envisage déchoir de la nationalité un français « de souche » ayant tiré sur les forces de l’ordre ?).
En fait, la réalité est toute autre : Nicolas Sarkozy se prépare à entrer dans le « Livre Guinness des records » à la catégorie « décalage schizophrène entre le discours et les actes ».
Car qui a supprimé ce qu’on l’on a qualifié à tord de « double peine » et qui permettait l’expulsion d’un étranger coupable d’un délit grave ? C’est Nicolas Sarkozy.
Qui refuse aujourd’hui de remplacer un fonctionnaire sur deux partant à la retraite ? C’est Nicolas Sarkozy.
Qui a supprimé en 2010 plus de 3000 postes de gendarmes ou policiers ?! C’est toujours Nicolas Sarkozy.
Qui a récemment supprimé l’incarcération pour les peines allant jusqu’à 2 ans de prison ?! Encore Nicolas Sarkozy !
Le discours de Tartuffe du président pourrait donc être grave de démagogie s’il n’était pas ridicule de bêtise. En se drapant une énième fois dans un discours offensif en décalage total avec sa politique, Nicolas Sarkozy prend les français pour des c…
En outre, quelle crédibilité pour le président de la République alors qu’il organise dans le même temps et sous le regard bienveillant du MEDEF une immigration qualifiée de « choisie » ?
Cette « immigration choisie » pille l’Afrique de ses talents sans nous permettre l’intégration de ceux qui – moins qualifiés – sont déjà présents sur notre territoire ou ont déjà hérité de la nationalité française.
Un cercle vicieux qui ne profite qu’à ceux qui bénéficient ainsi d’une main d’œuvre moins chère et pesant à la baisse sur les salaires de nos nationaux.
Un cercle vicieux dont les premières victimes sont justement les français issus de l’immigration.
Le PS a d’ailleurs bien tord de se cacher derrière ses beaux sentiments et de refuser d’admettre qu’immigration et insécurité sont deux composantes – certes distinctes – mais étroitement liées de la même problématique.
Par son internationalisme et son dogme de la libre-circulation des personnes, la gauche française n’est plus en mesure de défendre les intérêts de ceux qu’elle est sensée représenter, à savoir les français qui lui ont accordé leurs voix.
Et pourtant, il est tellement évident de comprendre qu’on ne peut pas accepter dans une famille n’importe qui, n’importe comment, à défaut de la voir rapidement exploser.
Nicolas Sarkozy joue donc sa partition sur le velours de l’hypocrisie socialiste.
Et c’est toute la famille France qui est en danger.
En dressant les français les uns contre les autres pour des raisons purement politiciennes, Nicolas Sarkozy abîme la fonction présidentielle. Sans pour autant résoudre les réels problèmes de sécurité, il sape gravement la cohésion nationale.
Nicolas Dupont-Aignan,
Député de l’Essonne et président de Debout la République,
Mouvement gaulliste
Crise du lait : Europe, PS et UMP sont tous coupables !
08/08/2010 09:10 par dlr14ème_62
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Crise du lait : Europe, PS et UMP sont tous coupables !
08/08/2010 09:10 par dlr14ème_62
Les raisons de la crise
Elles sont simples. Avec les réformes de la PAC, le prix minimum des produits agricoles a été supprimé. Du coup, il évolue en fonction des évolutions du marché. En 2009, avec la crise économique, les conséquences ont été dramatiques. Après une baisse de 20% en 2008, les revenus des agriculteurs ont reculé de 34% en 2009, soit une division par deux en seulement deux ans. Leur revenu moyen est passé de 28 500 à 14 500 euros en moyenne (ce qui signifie qu’environ la moitié des agriculteurs gagnent moins que cette moyenne, pourtant déjà guère élevée).
Les producteurs de lait avaient été parmi les principales victimes de cette évolution puisque leur revenu avait chuté de 50% pour la seule année 2009. La légère remontée des cours cette année avait fait espérer une remontée suffisante pour assurer l’équilibre économique de leur filière mais les négociations avec les industriels n’ont pas permis un accord sur un prix suffisant, du fait des prix inférieurs d’autres marchés européens, notamment Allemand. Dans le cadre de cette nouvelle PAC, les agriculteurs sont la cinquième roue du carrosse des marchés agricoles…
Des solutions existent pourtant
La position du gouvernement est particulièrement hypocrite puisque l’UMP (comme le PS) a accepté toutes les réformes qui ont mené à la situation actuelle, où les revenus des agriculteurs sont la variable d’ajustement de ce nouveau marché déréglementé. Depuis trois ans, tous les ministres de l’agriculture disent comprendre les agriculteurs, mais la France n’a pas profité de sa présidence de l’Union pour pousser une réforme de la PAC qui mettrait fin à ces situations intenables.
La solution, c’est de remettre en place un prix minimum (et des quotas s’il y a surproduction), mais aussi relocaliser la production. En effet, la libéralisation aboutit à une plus grande concentration de la production et comme l’agriculture est une activité fortement soumise aux aléas climatiques, il est évident qu’une plus grande concentration aboutit à une plus grande volatilité. Seule la relocalisation permettra de stabiliser des marchés que la libéralisation a rendus à la loi de la jungle.
La libéralisation, promue par Bruxelles et acceptée par l’UMP comme le PS est responsable de la situation intenable dans laquelle se trouvent les agriculteurs aujourd’hui. Sur ce sujet, je vous invite à lire un article très intéressant paru sur Rue89
Dégradation du temple protestant : En finir avec les "pauvres d'esprit"
07/08/2010 10:21 par dlr14ème_62
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Dégradation du temple protestant : En finir avec les "pauvres d'esprit"
07/08/2010 10:21 par dlr14ème_62
Il y a peu, nous attirions l’attention sur la recrudescence des actes de vandalisme, voir de complète destruction, commis sur des édifices religieux et des tombes. Aujourd’hui, Hénin est touché par ce phénomène : le Temple des églises réformées de France vient d’en faire les frais. Nous souhaitons que les autorités puissent très vite mettre la main sur les responsables de cette imbécilité. Mais nous souhaitons également à leur encontre, comme à l’encontre de tous les barbares adeptes de la destruction, un châtiment exemplaire. Ainsi, une peine qui se déroulerait sous la forme d’un Travail d’intérêt général, les obligeant à réparer ce qu’ils ont détruit, nous semblerait un bon départ. Mais outre la répression, je pense qu’il faut réinstaurer de la prévention qui ne pourra passer que par la pédagogie et l’instruction. Car c’est l’ignorance qui crée l’imbécilité. Il est plus que temps de donner aux écoles les moyens qui lui font cruellement défaut afin de lui permettre d’apporter de nouveau à nos jeunes futurs citoyens, une reconnaissance des valeurs républicaines communes, un respect d’autrui et d’eux même, bref leur permettre de donner un sens à leur existence. Mais la réinstauration de ces valeurs devra dépasser le cadre scolaire. Car c’est toute la société française, atteinte du consumérisme morbide mondialisant, qui est touchée et à qui la République doit réinculquer le sens véritable du mot « Humain ». Nous apportons notre soutien aux citoyens de confession protestante qui ont été heurté par cet acte ne pouvant émaner que de « pauvres d’esprit »…
Le comité local DLR
Nous, peuples d'Europe
05/08/2010 11:05 par dlr14ème_62
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Nous, peuples d'Europe
05/08/2010 11:05 par dlr14ème_62
Nous, peuples d'Europe
Par Susan George
Livre Broché
Paru le : 28/09/2005
Editeur : Fayard
ISBN : 2-213-62546-8
EAN : 9782213625461
Nb. de pages : 251 pages
Résumé
Nous avons été témoins en France, dans les mois qui ont précédé le référendum du 29 mai, d'un des plus formidables débats qu'il nous ait jamais été donné de connaître. Passion, raison, connaissances, interprétation, énergie, engagement - tout y était. Mais dans bien d'autres endroits en Europe le débat ne semble même pas nécessaire tant la règle du jeu européen paraît sinon claire, du moins acceptée par tous sans examen critique. Aujourd'hui, il faut expliquer les raisons du Non français pour contribuer à la construction d'une citoyenneté européenne. Comment, pourquoi se doter d'une Constitution, émanation du peuple, si le peuple fait défaut ? Que proposer si ce peuple n'existe pas ou, pire, n'a aucune envie d'exister ? Comment faire si nous n'arrivons pas à construire une citoyenneté et une opinion publique proprement européennes ? Ce serait alors la victoire du marché.
Si nous laissons faire, il y aura bien sûr d'autres batailles dans l'avenir, mais toutes auront les mêmes enjeux : essayer d'empêcher que de nouveaux secteurs ne tombent entre les griffes du secteur marchand, empêcher la protection sociale de se dégrader encore davantage, les services publics d'être privatisés, les inégalités de se creuser... Citoyenne française, Européenne convaincue, Susan George a fait campagne pour le Non dans le cadre d'Attac et des " collectifs ". Dans ce texte court et incisif, elle démontre que l'Europe a besoin d'une orientation radicalement différente, rompant avec la vision néolibérale incarnée par
la Constitution , mais explique aussi pourquoi l'effort pour faire émerger une autre Europe dans un autre monde, loin de s'arrêter avec la victoire du Non en France et aux Pays-Bas, ne fait que commencer.
L’auteur
Susan George est l'une des hautes figures du mouvement altermondialiste.
Politologue, vice-présidente d'Attac, elle est notamment l'auteur du Rapport Lugano (Fayard, 2000) et de Un autre monde est possible si... (Fayard, 2004)
Les Khmers roses
05/08/2010 10:48 par dlr14ème_62
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Les Khmers roses
05/08/2010 10:48 par dlr14ème_62
Les Khmers roses
par François Devoucoux Du Buysson
Edition : Blanche
Paru le 04/11/2003
142 pages
ISBN : 2846280711
EAN : 9782846280716
Résumé :
Alors qu'elle s'inscrit dans la sphère de l'intimité, l'homosexualité est aujourd'hui portée comme une revendication collective par des mouvements qui la brandissent comme un étendard. On assiste à l'émergence d'une idéologie homosexuelle dans la mesure où se met en place un système de représentation du monde qui s'appuie sur un noyau d'activistes, des intérêts puissants et l'indifférence molle de la société française devant la propagande gay. Les khmers roses qui diffusent cette idéologie homosexuelle se sont lancés à l'assaut des derniers vestiges de l'universalisme républicain. Leur entreprise de rééducation des esprits s'appuie sur un discours victimaire visant à culpabiliser la société française. Cette stratégie n'hésite pas à manipuler les faits historiques et stigmatise quiconque procède à un examen critique, faisant de l'homosexualité un débat interdit. Au cours des dernières années, au rythme entêtant de
la Gay Pride , l'idéologie homosexuelle a progressé de façon considérable, comme l'ont montré la création du PACS et l'élection d'un de ses adeptes à
la Mairie de Paris. Elle imprègne désormais les discours et les programmes des partis politiques, de gauche comme de droite, ce qui rend inéluctable la mise en oeuvre de ses principes. Le paradis communautaire dont rêvent les khmers roses pourrait vite tourner au cauchemar en enfermant les homosexuels dans un univers virtuel étouffant et morbide, camouflé par l'omniprésence du sexe et l'exaltation permanente de la fête, qui érige la consommation au rang de valeur, au risque de remplacer le triangle rose par un code-barres.
A propos de l'auteur :
François Devoucoux du Buysson est né en 1973, il est l'auteur de Une histoire d'amour, essai sur
la République française, paru en 2001. Les Khmers roses est son deuxième essai.
Sarkozy, président le plus retoqué
05/08/2010 10:20 par dlr14ème_62
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Sarkozy, président le plus retoqué
05/08/2010 10:20 par dlr14ème_62
En proposant la déchéance de nationalité pour les Français «d’origine étrangère» ayant porté atteinte à la vie de policiers ou de gendarmes, Nicolas Sarkozy sait qu’une telle loi ne pourra qu’être invalidée par le Conseil constitutionnel. Mais peu lui importe : il lui suffit d’annoncer. La longue liste des lois retoquées depuis son élection le prouve.
par Bénédicte Charles

L’ancien garde des Sceaux et ancien président du Conseil constitutionnel Robert Badinter, comme le constitutionnaliste Guy Carcassonne, l’ont tous deux rappelé ce matin : une loi instaurant la déchéance de nationalité pour les Français d’origine étrangère reconnus coupables d’avoir porté atteinte à la vie d’une personne dépositaire de l’autorité publique, comme l’a annoncé Nicolas Sarkozy à Grenoble le 30 juillet dernier, ne pourrait être que retoquée par le Conseil constitutionnel. En effet, elle entrerait en contradiction avec l’article 1er de la Constitution qui « assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. »
Cela semble tellement évident qu’il est impossible que le président de la République — qui en tant qu’avocat a fait un peu de droit constit’ pendant ses études — ou à tout le moins l’un de ses conseillers, ne s’en soit pas aperçu avant de prononcer son discours de Grenoble. Alors quoi ? Une fois de plus, Nicolas Sarkozy joue sur l’effet d’annonce. Et peu lui importe que l’annonce ne puisse pas être suivie d’effet : les mots pour le dire remplacent les moyens pour le faire.
C’est particulièrement flagrant lorsqu’on regarde la liste des projets de loi annoncés tambour battant par Nicolas Sarkozy, et finalement retoqués par le Conseil constitutionnel.
Ainsi de la promesse de campagne la plus emblématique du candidat Sarkozy — la déduction fiscale rétroactive des intérêts d’emprunts immobiliers : dès le 16 août 2007, les Sages la jugeaient anticonstitutionnelle, la rétroactivité entraînant « une rupture caractérisée de l’égalité entre les contribuables ».
Quelques mois plus tard, le 15 novembre 2007, au terme d’une discussion fleuve à l’Assemblée nationale, une partie de la loi Hortefeux sur l’immigration est finalement invalidée par le Conseil : les juges constitutionnels rejettent l’amendement sur les statistiques ethniques, et réduisent la portée des dispositions sur les tests ADN.
En février 2008, la loi Dati sur la rétention de sûreté — qui permettait d’enfermer dans des centres spéciaux des criminels ayant purgé leur peine de prison, mais déclarés toujours dangereux par des experts — est à son tour amputée : elle ne pourra pas s’appliquer pleinement de façon rétroactive, ce qui diffère son application réelle de plusieurs années.
C’en est trop pour Nicolas Sarkozy, qui demande alors au premier président de la Cour de Cassation, Vincent Lamanda, d’«examiner la situation née de la décision du Conseil Constitutionnel » et de faire « toutes propositions utiles d’adaptation de notre droit ». Une tentative de contournement qui déclenche une levée de boucliers dans toute la magistrature.
Mars 2008. Plusieurs articles du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2009 sont censurés par les Sages : notamment le texte qui prévoyait la suppression progressive du régime de sur-pensions des fonctionnaires retraités dans certains départements et territoires d’outre-mer.
10 juin 2009 : la loi Hadopi est, pour l’essentiel, retoquée par le Conseil. Ainsi, la mesure phare, la riposte graduée, est-elle invalidée :l’abonnement internet ne pourra pas être suspendu automatiquement au terme d’une série d’avertissements comme le prévoyait le projet. Seul un juge est habilité à prononcer pareille sanction.
6 août 2009 : le Conseil constitutionnel censure la partie de la loi sur le travail dominical accordant un statut particulier à Paris. Motif : elle privait le maire de la capitale du pouvoir, dévolu aux maires d’autres communes, de proposer des extensions d’ouvertures.
29 décembre 2009 : la loi sur la taxe carbone, annoncée avec tambour et trompettes trois mois plus tôt, est annulée par les Sages deux jour avant son entrée en vigueur prévue pour le 1er janvier 2010.
Février 2010 : Nicolas Sarkozy nomme Michel Charasse au Conseil constitutionnel. Une décision présentée comme un nouveau signe d’ouverture. En réalité, Charasse, exclu du PS en 2008, est un fidèle sur lequel Nicolas Sarkozy sait pouvoir compter.
Cela ne suffit apparemment pas : saisi d’une question prioritaire de constitutionnalité, le Conseil constitutionnel vient de déclarer le dispositif ordinaire des gardes à vue contraire à la Constitution !
Un autre aurait fini par ne plus s’y risquer. Pas Nicolas Sarkozy qui, au contraire, a choisi d’aller plus loin en proposant une loi ouvertement en contradiction avec la Constitution. Une preuve de plus que le président est un homme de moment, de gesticulation, de verbiage. Mais pas d’action.

Prix du lait : il faut cesser de signer à Bruxelles et pleurer à Paris !
05/08/2010 09:23 par dlr14ème_62
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Prix du lait : il faut cesser de signer à Bruxelles et pleurer à Paris !
05/08/2010 09:23 par dlr14ème_62
COMMUNIQUE DE PRESSE
La résurgence du contentieux sur la fixation du prix du lait démontre que les solutions engagées par le gouvernement depuis un an ne sont au mieux qu’un pis-aller, au pire un trompe-l’œil.
Condamnée à une concurrence européenne sauvage et intenable, qui doit être intensifiée par la future réforme de la Politique Agricole Commune (PAC), la production laitière française – comme de nombreuses autres filières agricoles de notre pays – est peu à peu étranglée par la toute-puissance des industriels et distributeurs, qui invoquent les prix moindres dans des pays voisins.
Cette situation ne peut plus durer. De deux choses l’une : soit il existe toujours une PAC réellement régulatrice et protectrice de l’agriculture européenne et alors il faut la rendre plus efficace, tout en améliorant sa gestion jusqu’à présent trop bureaucratique. Soit l’Europe fait le choix d’une dérégulation totale, contradictoire avec la nécessité stratégique de maintenir une agriculture forte, voire avec la notion même de « PAC », et la France doit s’autoriser à réguler directement son marché agricole.
Il n’est plus admissible, en tout cas, de voir un ministre français de l’Agriculture approuver à Bruxelles la dérégulation tous azimuts du secteur et s’indigner à Paris des dégâts humains, économiques, sociaux et territoriaux provoqués par les caprices du marché, conséquence fatale de cette politique. Au lieu de « comprendre » et d’« espérer », il serait temps que le ministre agisse !
Debout la République appelle une fois de plus le gouvernement français à fixer lui-même le prix du lait dès lors que l’interprofession n’y parvient pas de manière satisfaisante et équilibrée. Cette reprise en main doit durer jusqu’à ce que les négociations sur la future PAC permettent d’y voir plus clair sur l’avenir de l’agriculture française en Europe.
Nicolas DUPONT-AIGNAN - Député de l’Essonne - Président du rassemblement gaulliste Debout la République
Roms et compagnie
03/08/2010 14:31 par dlr14ème_62
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Roms et compagnie
03/08/2010 14:31 par dlr14ème_62
Nicolas Sarkozy a donc cru bon de tenir un conseil « spécial roms ». D’aucuns y voient une stigmatisation, d’autres applaudissent à grands cris. Les uns et les autres sont des imbéciles.
Mais ils sont en bonne compagnie. Pas un jour sans qu’un présentateur de journal télévisé ne parle, comme s’il s’agissait d’une chose allant de soi, de la « communauté », des gens du voyage, des musulmans de France, des gays du Massif Central ou des Corses d’Ille-et-Vilaine.
Et moi qui pensais que tous ces gens-là étaient avant tout français…
Joseph Macé-Scaron note avec pertinence(1) qu’« à un progressisme qui réduit la question sociale à l’affrontement des dominés et des dominants, des victimes et des bourreaux, répond désormais une autre pensée binaire, aujourd’hui plus dangereuse parce que plus établie, qui renoue avec les sortilèges de l’essentialisation. » Et d’ajouter : « On n’aura jamais autant dit que durant cette présidence « les » jeunes, « les » vieux, « les » musulmans, « les » femmes… »
« Pitoyable assignation à résidence, » conclut-il. Nous sommes sommés d’être tout entiers le plus petit commun dénominateur : manouches ou immigrés, blancs ou « blacks » (en passant par l’anglais, on obtient sans doute quelque chose qui est plus noir que noir), juifs, musulmans ou chrétiens. Hommes ou femmes. Homos ou hértéros.
Bien sûr, ceux qui n’ont que cette identification minuscule à se mettre sous la dent, faute d’« être » des individus à part entière, des hommes au sens de l’article premier de la Déclaration des Droits, font chorus — et parlent à leur tour de « céfrancs », de « feujs » ou de « beurs » : l’essentialisation, pour s’exprimer en verlan, n’en demeure pas moins une réduction a minima.
Cette attitude a corrompu jusqu’aux comportements scolaires. Le « céfran » est « intello », les filles sont des « taspés », et le rebelle est cancre : c’est bien plus simple ainsi, n’est-ce pas, lorsqu’on n’a pas les mots, ni pour se dire en toute complexité, ni pour s’adresser aux autres…
Quant aux collègues qui consentent à entrer dans ce jeu, et qui parlent de leurs classes comme d’une addition de « communautés » dont il convient de respecter la « diversité », je préfère ne pas en dire ici ce que je pense — après, on me dit que je suis mal embouché.
Une question cependant : savent-ils exactement ce qu’est une République ?
« Citoyen » : ainsi s’appelaient les révolutionnaires, pour éliminer toutes les différences de titres et de conditions. Et c’est ce que nous sommes, et ce qu’ils sont : des citoyens. Susceptibles de respecter les lois de la République — par exemple de s’arrêter à un contrôle routier sans tirer sur la police. Susceptibles, en cas de dérapage, de sentir s’appesantir sur eux la main de la République, comme autrefois le couperet s’appesantissait, un bref instant, sur le cou des ci-devants qui persistaient à se faire appeler « monsieur le comte » ou « Votre Majesté ». On a même coupé le cou d’Olympe de Gouges, parce qu’elle avait eu la mauvaise idée d’écrire la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, sans comprendre qu’« homme » n’était pas le masculin de « femme », mais le terme générique de l’espèce humaine. Ce n'était pas misogynie, c'était refus des particularismes.
« Citoyens » : ainsi devrions-nous appeler nos élèves — ou, en tout cas, les traiter ainsi.
Mais voilà : la loi Jospin a prétendu leur imposer la « démocratie », les « mettre au centre », leur donner une individualité de « djeunes », avec des sous-branches (« djeunes beurs » ou « djeunes beurettes » — et j’en passe), intimer aux enseignants de les respecter en tant que djeunes, dans leur être et non dans leurs productions. C’était, sous prétexte de démocratie, fragmenter déjà la République. Le « djeunisme » est aussi une forme de racisme.
Tenir un conseil des ministres sur les Roms, parler de « diversité », de France « Black-blanc-beur », c’est émietter la République. Donner, lors des inscriptions ou des recrutements, un avantage décisif aux « boursiers » (30%, a décidé le ministère), sous prétexte de « discrimination positive », n’a rien de légitime : l’étape suivante, ce sera une « affirmative action » à l’américaine (avec trente ans de retard, les USA en sont revenus…), ce qui impliquera une politique de quotas, qui nécessitera elle-même je ne sais quel recensement « ethnique » dont certains rêvent : à quand la qualification au faciès ?
La notion même de « parité » » me paraît extrêmement caduque, comme chaque fois que l’on introduit du quantitatif pur dans ce qui devrait être du qualitatif étroit. On n’a pas plus de talent parce qu’on a une verge ou un vagin, ni parce qu'on est noir ou jaune : on en a parce qu’on a mérité, par la réussite à un examen ou un concours, tel ou tel poste.
Il y a un mépris sous-jacent évident, dans toute discrimination (qu »’on lui rajoute « positive » ne fait pas passer le mot). Un mépris qui se traduira, à terme, par un sentiment d’imposture, chez ces « djeunes » qui auront avancé au nom des quotas, au ieu de « remplir leur mérite », comme on disait jadis. Stigmatisés par les cadeaux qu'on leur aura faits.
Qu’on se donne les moyens de former tous les enfants, dès la Maternelle, de façon adéquate — avec un haut niveau d’exigence ; que l’on permette à chacun de devenir ce qu’il est ; que l’on aiguille davantage de déshérités vers des voies prestigieuses, dès lors qu’ils en ont les moyens — et pourquoi diable ne les auraient-ils pas ? —, oui, c’est ainsi que l’on peut, que l’on doit procéder. Evidemment, c’est plus cher et plus long que de faire de la charité dans une centaine de lycées de ZEP, comme le propose depuis quelques années Richard Descoings. La charité, au fond, ne coûte pas très cher, parce qu’elle ne donne pas grand-chose. Elle saupoudre — et veut nous faire croire que ce nappé superficiel, comme disait Barthes à propos des fiches-cuisine de Elle (2), camouflera le fait que tant de gosses n’ont pas accès aux savoirs les plus élémentaires.
C'est qu'il est plus facile d'entrouvrir les portes de la Rue Saint-Guillaume que de réformer le collège…
Dans un livre à paraître fin août, Tireurs d'élites (3), je reviens longuement sur cette question, aujourd’hui centrale : nous sommes à un moment étrange de notre histoire, où sous prétexte de « démocratie » nous voulons faire voler en éclats tout l’héritage de la Révolution et de l’Empire — à commencer par les classes préparatoires et les Grandes Ecoles : ce n’est pas un hasard si c’est la Convention qui a inventé Polytechnique, ou si le Comité de Salut public a reconstitué l’Ecole des Mines, invention royale disparue avec Louis XVI. Ou l’Ecole Normale pour instituer des professeurs — la future Ecole Normale Supérieure. Ce sont des coupeurs de têtes qui ont désigné Monge, Berthollet ou Daubenton pour y enseigner.
Dire qu’il y en a qui croient encore que la République n’avait pas besoin de savants…
C’est à la fois un héritage et une politique que l’on veut détruire. En fait, l’Etat. Entre les libéraux « mondialistes » partisans du « moins d’Etat », et une certaine gauche pseudo-démocrate qui prétend « rendre la parole » aux uns et aux autres, favoriser l’autonomie des établissements scolaires ou dissoudre les instances de décision dans une « participation » d’où n’émergeront que les idées les plus médiocres, nous sommes mal barrés.
Heureusement qu’il reste des Républicains (à droite et à gauche, d’ailleurs) pour s’opposer à cette grande gabegie « démocratique ». Pour quelque temps encore.
Jean-Paul Brighelli
(1) Dans Marianne n°692, semaine du 24 au 30 juillet.
(2) Dans Mythologies.
(3) Chez Plon.
Quand la baisse de la livre soutient la croissance britannique
03/08/2010 14:12 par dlr14ème_62
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Quand la baisse de la livre soutient la croissance britannique
03/08/2010 14:12 par dlr14ème_62
La dépréciation de la monnaie, outil pour la croissance
La Grande-Bretagne a été un des pays d’Europe qui a le plus souffert de la crise, enregistrant pas moins de six trimestres consécutifs de baisse de son PIB et un recul annuel de 5% en 2009. Seule l’Allemagne a fait pire l’an dernier, du fait de l’effondrement de ses exportations (et oui, l’Allemagne, dont on nous vante tant le modèle, a enregistré la plus forte récession de la zone euro en 2009…). Il faut dire que le poids du secteur financier y est plus important qu’ailleurs.
Mais Londres a eu la grande intelligence de laisser filer sciemment la valeur de sa monnaie, la livre, qui est passée de 1,45 euros environ jusqu’à mi-2007 à seulement 1,05 euros début 2009, soit une dépréciation de 30% en seulement 18 mois, avant de remonter autour de 1,2 euros depuis quelques semaines. Cette baisse de la monnaie britannique explique sans aucun doute la bonne performance de l’économie britannique en ce début d’année.
La démonstration des limites de la monnaie unique
En effet, il est surprenant que la croissance reprenne beaucoup plus vite au Royaume-Uni que dans la zone euro, alors que l’économie britannique a subi une plus forte baisse du marché immobilier et des faillites en cascade dans son secteur bancaire. Mais la forte dépréciation de la livre a permis de nettement améliorer les termes de l’échange pour notre voisin d’outre manche, favorisant ses exportations et freinant les importations, notamment avec la zone euro…
A contrario, cela montre toutes les limites d’une monnaie unique qui ne permet pas de tels ajustements. Nul doute que la Grèce se porterait beaucoup mieux si elle avait la possibilité de faire baisser la valeur de sa monnaie parallèlement au plan de rigueur. Aujourd’hui, l’euro impose aux pays européens un cocktail désastreux d’austérité budgétaire et de monnaie trop chère. Sans l’euro, nous pourrions au moins compenser en partie avec une monnaie meilleur marché.
La Grande-Bretagne, comme les Etats-Unis auparavant, ont bien compris l’intérêt de jouer avec la valeur de sa monnaie. Aujourd’hui, il n’y a que les tenants de l’Europe de Lisbonne pour se réjouir d’une remontée de l’euro qui pénalise une fois de plus l’économie productive de la zone, et donc l’emploi.
Laurent Pinsolle